Faut-il rayer l’Afrique sub-saharienne de la carte du monde ?

Noirs d’Afrique, race maudite, décidément des oubliés de l’histoire, c’est la voie que vous semblez avoir choisie. Vous avez tous les mêmes réflexes, que vous soyez du Cameroun, du Togo, de la Côte d’Ivoire ou d’ailleurs en Afrique sub-saharienne. C’est à vous que je dédie cette réflexion.

C’est vous que
l’homme blanc considère quel que soit votre âge comme de grands enfants. Tout
pour vous est objet de rire, de sourire, d’accommodation ; Vous ne vous
emportez que lorsque vos petits avantages au quotidien sont entamés à moins que
vous ne versiez dans une panique sans qualification à l’idée que l’homme blanc
vous a abandonnés surtout lorsqu’il s’agit de votre maître d’hier.

J’observe..
J’observe, non sans amertumes, votre indifférence dans la société incohérente,
injuste, misérable et corrompue que nous vivons sans en contester les
fondements.

Et pourtant…et
pourtant, tous les feux signalent rouge ; Dans tous vos pays, près de 90 %
des populations sont sans emploi ; on lit dans leurs visages l’angoisse
face à l’incertitude d’un avenir qui semble se trouver plutôt derrière, bien
loin, derrière elles. De
quoi notre lendemain sera-t-il donc fait?
Et quand on
en arrive à une telle interrogation, cela veut tout simplement dire que l’on
est perdu. Il n’y a plus d’espoir. Johnny Hallyday aurait-il donc eu
raison ?

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ! Les étudiants, vos enfants sont en colère, mécontents ; Qui oserait dire qu’ils n’ont pas de raison d’être mécontents ? Vous, leurs aînés, avez fait vos études aux frais de l’Etat, qui vous envoyait même à l’Etranger pour les parfaire ; vous rentriez, les études terminées, un contrat de travail en poche, un logement assuré ; Eux, ils sont face au chômage, aux conditions d’études qui ne distillent plus la connaissance, face à un statut d’étudiant misérable ; Jusqu’à quand les pouvoirs publics vont-ils donc esquiver leurs revendications qui sont pourtant claires ? Et comme en plus les pouvoirs publics ne tiennent pas compte de leurs revendications, comment ne pas comprendre qu’ils recourent à la protestation par des grèves qui dans un Etat de droit et démocratique constitue un mode d’expression de la revendication !

Que
revendiquent-ils ?
Le rétablissement des bourses aux
étudiants, la suppression des droits universitaires, le droit de pouvoir se
réunir, de se constituer librement en syndicat corporatif, des élections à tous
les niveaux de l’université (recteur, doyen, etc.), l’amélioration de leurs
conditions de vie (restau U, cités universitaires, services
médico-sociaux), des amphis confortables, des labos équipés et fonctionnels,
des bibliothèques universitaires dignes de ce nom, de meilleurs rapports entre
enseignants et étudiants, pour ne citer que celles-là.

Pourquoi la réponse
à ces revendications doit-elle passer par la force de l’ordre  (gendarmerie et police), qui, au passage,
pille tout dans leurs chambres, passe à tabac leurs logeurs, viole les filles,
assassine froidement les étudiants dont le seul crime reste d’avoir revendiqué,
et cela sous le regard médusé des parents qui, lâchement, pour être en phase
avec le gouvernement, prétextent que les enfants sont manipulés par des hommes
et autres partis  politiques.

Quand on fuit ses responsabilités, on a tôt fait de trouver le bouc émissaire. Pour la révolte des étudiants ce sont les partis politiques qui manipulent derrière ; Pour les autres problèmes sociaux qui font le lot de l’Afrique noire, la France est à l’origine de tous nos maux ; quand ce n’est pas elle, ce sont les Américains mais que font les princes qui nous gouvernent ? Et nous-mêmes, que faisons-nous? Et notre société civile, que fait-elle des avantages qu’elle tire sur le dos du peuple ? Quant à notre classe politique, elle en est mollement à rédiger des motions de soutiens de la grève des étudiants qui n’arrêtent pas de compter les morts, à supplier le pouvoir pour l’inviter à donner
réponses aux revendications. Estudiantines. Quelle déception !

Pourtant le moment est venu pour les parents et les
politiciens de tous bords de retrousser les manches pour sortir dans la rue et
exiger le départ de ce pouvoir qui, impertubable, mène le pays à la ruine,  accroissant chaque jour davantage la fracture
sociale. La révolte des étudiants ne pose qu’un des aspects des problèmes
sociaux que connaît le pays, (la pauvreté généralisée, la hausse des prix , les
hôpitaux devenus des mouroirs, le service public devenu un commerce, la justice
des épices, l’insécurité, que sais-je encore !)

Quant à nos forces
armées et police
, pourquoi doivent-elles se comporter dans la terre de
leurs ancêtres comme des mercenaires ? Pourquoi doivent-elles feindre
d’ignorer qu’elles ont aussi mission de protéger le bon fonctionnement des
institutions et qu’au rang de ces instituions, il y a le droit de grèves,
au lieu de pourchasser jusque dans leurs chambres de pauvres étudiants qui ne
demandent pas mieux que de voir améliorer leurs conditions d’étudiant et de
s’assurer des structures d’accueil une fois leurs études terminées !

Noirs d’Afrique,
race maudite, offerte en pâture aux sorciers et autres vampires, vidés de tous
principes de vie, vous assistez impassibles à votre descente aux enfers, parce
que vous refusez d’obéir à votre conscience. Pas question de dire que le peuple
camerounais souffre et meurt. Vous seriez alors d’un autre monde. Vous
maudissez et condamnez tous ceux qui n’osent pas dire ‘’Paul Biya, Homme
de grandes ambitions pour le Cameroun, toujours Chaud Gars’’
.

Pourquoi avoir
alors lutté pour l’indépendance pour laquelle tant de sang a coulé ?

Pour éviter d’affronter les clans maffieux qui retiennent en otage notre pays, vous n’hésitez pas à vous accommoder de la souffrance et même à vénérer la mort. Pourquoi alors exiger des nigerians qu’ils quittent Bakassi si vous ne pouvez pas exiger du gouvernement qu’il paie les arriérés de salaires, qu’il équipe les hôpitaux de référence de nouveaux équipements, (dialyses, scanner, électroencéphalogrammes, …), qu’il exige des comptes à tous ceux qui pillent l’économie nationale et mettent à l’abri à l’étranger de substantielles sommes d’argent, quand ils ne blanchissent pas l’argent sale dans le béton?

Pourquoi s’indigner
de ce que des camerounais sont torturés dans les prisons de Guinée équatoriale
quand ceux incarcérés au Cameroun connaissent pire ?

Si notre souveraineté ne nous sert à rien,
autant la confier aux étrangers.
C’est une question
de logique. Et vous me direz, non sans raison, que c’est chose déjà faite. A
Bakassi, flotte, même du temps du Président Ahidjo, le drapeau nigérian, sans
que notre armée qui compte pourtant dans ses rangs de brillants sujets en fasse
un problème. A quoi sert-elle donc puisque la défense et la protection du
territoire  ne semblent pas être sa préoccupation ?

Que de millions de francs le pays a engloutis
dans le procès BAKASSI, qui n’avait de mérite que de nous rappeler nos
frontières que nos dirigeants étaient pourtant censés connaître et que l’armée
a vocation principale de protéger.

Une chose est d’obtenir un jugement, une
autre est de l’exécuter. Cela nous ramène naturellement à la case de départ,
celle de la protection de nos frontières par nos forces armées;
sont-elles ? Sous le président Ahidjo, notre Armée ne comptait qu’un
Général ; Aujourd’hui, sous le président Biya, elle en compte 25, avec
tout ce que cela coûte à la nation, mais alors pourquoi faire ? Elle n’est
dissuasive que contre les nationaux qui sont pourtant sans armes, contre
lesquels elle prête son concours pour toutes sortes de traitements
inhumains ; mais le drapeau nigerian, quant à lui, il est toujours là,
superbe, flottant avec insolence au-dessus de la terre de nos ancêtres ;
Pendant ce temps, nos dirigeants politiques passent de salon en salon comme pour
nous dire qu’ils rencontrent les grands de ce monde afin de remplir le Cameroun
dans ses droits, mais l’homme de la rue que nous sommes, ne voit pas les effets
de ces ballets diplomatiques qui, eux-aussi, coûtent cher à la nation ;
Alors !…alors, de quelle ‘’mission accomplie’’ par le
président Biya nous parle une certaine presse après le retour de celui-ci de la
rencontre de Genève ?

Il faudra peut-être un jour arrêter de bercer les Camerounais dans l’illusion. L’histoire d’un peuple s’écrit à la première personne du singulier ou ne s’écrit pas.. Si nous renonçons à inculquer le sens de l’honneur à nos enfants, si nous renonçons à leur donner des raisons d’être fiers d’eux-mêmes et de leur nation, si nous bâtissons notre avenir sur la négation des valeurs fondamentales qui font la force et la
richesse des nations, alors nous préparons un peuple d’esclaves dont le destin
sera de servir les plus forts. Dans ce cas, rayer l’Afrique noire de la
carte du monde, pourquoi pas !

(*) Président du Mouvement Social pour la
Nouvelle Démocratie

( M.S.N.D)

696 35 92 71 – 693 05 65 70

ejengueleyondo@yahoo.fr

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